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De : Olyrix.com / Damien Dutilleul

Louis Désiré et son équipe artistique proposent une scénographie dépouillée. Un sol argileux est marqué des « traces ineffaçables » des chemins empruntés au hasard de la vie (selon la courte note d’intention). Côté Jardin se trouve une estrade sur laquelle se haussent les aristocrates entourant Dulcinée. Au centre s’ouvre le miroir brisé des espoirs du chevalier. Côté Cour trône un lit pouilleux, sur lequel Don Quichotte, prêt à mourir d’amour, nu pieds et en chemise de nuit, voyage à travers rêves et souvenirs. Le lit se fait dès lors carrosse, refuge, prison… avant d’être investi par Dulcinée pour ses fêtes élégiaques. La mise en scène insiste sur la figure christique déjà présente dans le livret (Don Quichotte convertit et bénit les brigands et il est comparé à Jésus par Sancho) par son dépouillement et un lavement de pieds précédant le sacrifice de sa vie, par amour. Les quatre figurants aux visages terreux semblent sortir de l’esprit malade du héros, soufflant sur sa vie jusqu’à en éteindre la flamme. Le plateau apuré est animé à la fois par les lumières de Patrick Méeüs et par les couleurs de l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire placé sous la direction attentive de Jacques Lacombe.